mercredi 24 juillet 2013

Mon interview dans Zniqa.com


L’entretien : (http://zniqa.com/klash-16art/)
Pouvez-vous nous dire pourquoi « Klash 16 » et comment avez-vous choisi votre blaze  (pseudo) ?
Klash désigne à la fois Clash (référence à mes inspirations hip hop) et Kalashnikov (Klash en argot algérien). C’est un blaze que je porte depuis mon adolescence. Je ne saurais t’expliquer ce choix à part le fait que cette arme m’a marqué comme beaucoup d’Algériens qui ont vécu la décennie noire. Je faisais de mes propres moyens d’expression une arme pour entrer en « clash » avec ce qui compromettait de près ou de loin la liberté et la justice.
16, c’est tout simplement en référence à ma ville natale, Alger, qui a fait de moi en partie ce que je suis actuellement.
Il m’arrive parfois de signer mes travaux « Klash 16’Art », car je porte plusieurs casquettes : je suis illustrateur, graphiste, calligraphe et photographe amateur.
Quelles sont vos inspirations pour vos conceptions, letterages, et les techniques avec lesquelles vous travaillez ainsi que vos influences artistiques ?
Si vous parlez uniquement de mon côté graffeur/street artiste, je dirais que je suis plutôt motivé par l’humeur du moment. Parfois, l’envie me pousse à prendre quelques bombes et exécuter des freestyles sur un mur comme je le fais souvent dans mes illustrations et caricatures. C’est une sorte de sport où le plaisir de graffer prend souvent le dessus sur l’idée d’un travail conceptuel. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un travail préparé préalablement en sketch (graffiti sur papier), j’essaie de prendre le temps nécessaire et de planifier son exécution en choisissant minutieusement le lieu, le support et le timing.
Je jongle entre Tag, Graffiti, CalliGraffiti, Street Art (essentiellement pochoir et collage) et Body Graff. Mes armes favorites sont les bombes Montana et les marqueurs Posca. J’affectionne tout particulièrement les travaux de Banksy, SEEN, DRAN, ARYZ, DAIM et Smash 137.
Pouvez-vous nous donner une chronologie de vos participations à des évènements ou des meetings et exhibitions ? Êtes-vous en contact avec d’autres graffeurs sur le territoire algérien ou ailleurs ?
Je n’ai jamais participé à un évènement strictement urbain pour différentes raisons. Par ailleurs, ça m’arrive de participer à l’organisation de virées nocturnes avec des gens du milieu. Sinon, je cible particulièrement les bâtisses et immeubles abandonnés et les murs de certains quartiers pour m’y exprimer.
À travers vos travaux représentez-vous une sorte d’engagement ? Quels messages voulez-vous passer et quelles sont les difficultés que vous trouvez devant vous pour le moment dans cette discipline artistique ?
L’engagement que voient certains dans mes travaux est visible également dans les autres disciplines que je pratique. Ce n’est pas un choix, mais juste l’expression de ce que je suis et ce que je ressens. Certains jugent mes travaux trash, directs et même vulgaires, pourtant je ne reflète que ce que l’histoire, la société et les politiques projettent sur nous. Mon message est clair : arrêtez de nous conditionner et laissez-nous vivre notre différence !
Que pensez-vous du graffiti et du street art en Algérie actuellement ? Et les street artists Algériens ?
Soyons réalistes, la scène du graffiti et du street art en Algérie est très pauvre. Elle se résume à des « 1 2 3 Viva l’Algérie », « M3ak Ya El Khedra » et « Hanane, je t’aime » que certains osent grossièrement qualifier de street art !
Je l’ai toujours dit, les activistes de ce mouvement existent et ils sont nombreux. Ils sont juste mal exposés et mal (ou non) reconnus ! D’ailleurs, même les manifestations urbaines organisées un peu partout ne répondent pas aux standards internationaux et pourtant, ce n’est ni les moyens ni les compétences qui manquent.
Ceci dit, il s’agit là d’une tentative de récupération d’un mouvement censé être vandale, rebelle et indépendant. Le vrai souci des graffeurs et street artistes algériens réside à mon avis dans le fait que les autorités et la société refusent toute forme de concession ou d’évolution ce qui empêche ce mouvement d’exister et de se développer. Ce refus se traduit le plus souvent par des restrictions d’ordre pénal ou culturel. Tu peux graffer ce que tu veux, mais il ne faut pas toucher à la politique et aux mœurs. Du coup, ça décourage plus d’un. Personnellement et malgré tout, je trouve que cela est encore plus stimulant et m’encourage à braver les interdits. C’est d’ailleurs l’essence même de cette discipline.
Des projets à venir ou sur quoi vous travaillez pour le moment ?
Des projets de graffiti et street art sont en cours de réflexion, que je compte exécuter bientôt avec les compères du métier. Des affiches sont en cours de réalisation également et je continue en parallèle à bosser pour la division street du collectif Gosto Wear.
Qu’espérez-vous un jour en tant qu’artiste ?
Voir ce mouvement se développer de plus en plus, car les writers, graffeurs et street artists existent en Algérie. Je rêve d’apercevoir, en me baladant dans les rues, des fresques surprenantes et impressionnantes et j’espère voir le nombre de tags se multiplier un peu partout en Algérie. Ça donnera peut-être envie à Montana, Beat et Clash (fabricants de bombes de peinture) de s’installer chez nous (rires).
Le mot de la fin, ce serait pour tous les jeunes tournés vers la création en Algérie. Si vous aviez l’occasion de leur transmettre un message, quel serait-il ?
Comme dans toutes les disciplines, il faut commencer par s’intéresser à l’histoire de cet art, de se documenter, de regarder ce que font les autres et essayer de forger son propre style. Le graffiti/street art est narratif, revendicatif, mais surtout créatif. Alors, soyez-le, apposez votre signature et imposez-vous !

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